23.12.2009
Evo toujours plus haut
Mes derniers jours en Bolivie, je les ai passés dans l'optique de l'élection présidentielle du dimanche 6 décembre, mon dernier jour plein à La Paz.
Elu en 2005, Evo Morales, premier président indien en Bolivie, a choisi de se représenter après tout un travail pour fonder une Bolivie nouvelle, indépendante et démocratique. Du coup, son premier mandat, même s'il a été marqué par quelques avancées importantes comme le bono, sorte de RMI destiné aux plus démunis, aux retraités et aux jeunes, est passé très vite. Le grand chantier était la nouvelle constitution, qu'il a fallu défendre aprement face à une opposition farouchement contre tout changement et encore majoritaire au sénat.
Evo et Alvaro (Garcia Linera, le vice-président et idéologue de la révolution démocratique) ont réussi à la faire adopter l'an passé. Pour continuer le changement, il était donc naturel que le duo remette son mandat en jeu devant les électeurs.
La victoire emportée par le MAS, parti du président sortant, a dépassé les prévisions les plus optimistes : 63 % le dimanche soir, et encore, sans compter les résultats du campo alors que la population paysanne est très largement favorable à Evo ; 2/3 des sénateurs, ce qui va autoriser une grande marge de manoeuvre, des provinces jusque là défavorables au président indien (Pando, Tarija, Chuquisaca, Santa Cruz, Beni) où le rapport de force s'est nettement équilibré, voire inversé (c'est le cas dans le Chuquisaca de Sucre, la rivale de La Paz).
Bref, un succès total pour Morales et son projet, pourtant largement contesté par l'opposition raciste et conservatrice depuis son arrivée au pouvoir.
Ce bel événement populaire et démocratique, nous l'avons vécu de l'intérieur ce dimanche.
Avec Thibaut, ami de Marion et désormais bon pote à moi, nous étions logés chez Daniel, que je n'ai plus besoin de vous présenter. Chez lui, et dans son entourage, pas mal de fervents d'Evo. Mais la plupart n'ont pas la nationalité bolivienne. Du coup, le seul en capacité de voter, c'était Armin, de Sucre, le filleul de Daniel qui vit désormais chez lui à La Paz.
Nous avons donc décidé de l'accompagner tout au long de cette journée, au bureau de vote puis le soir sur la plaza Murillo, place du palais du gouvernement, pour partager la liesse populaire et voir et écouter les premiers mots d'Evo fraîchement réélu.
Le bureau de vote d'Armin était situé dans le quartier de Sopocachi, où vit Daniel: Malheureusement, ce quartier n'est pas du tout représentatif de la cité pacénienne.
Assez bourgeois, on y vote majoritairement contre le MAS. C'est le PPB de Manfred, très conservateur, et dont le candidat à la vice-présidence était derrière les barreaux au moment du vote (quand même !), qui est arrivé nettement en tête, en dépit du vote d'Armin. Après avoir observé le vote puis le dépouillement peu exaltant mais très minutieusement organisé, dans une démocratie jeune et encore à asseoir (le vote est d'ailleurs obligatoire, et le WE des élections est déclaré "sec" : les bars sont fermés et la vente d'alcool prohibée), nous avons attendu les résultats nationaux avant de nous rendre sur la Plaza Murillo.
Là, nous avons vibré toute une longue soirée, qui restera dans nos mémoires. Autre chose que le 21 avril 2002 ou encore le 6 mai 2007...
Quand Evo s'est présenté au balcon du palais gouvernemental, accompagné de tous ses proches, la foule n'en pouvait plus. Quand il a mis un terme à un discours de 20', elle en voulait encore. Quand Alvaro s'est mêlé à la foule quelques instants plus tard, avant de faire quelques pas de danse sur le podium d'animation, ce fut du délire.
Et après minuit, il fallut l'intransigeance des policiers pour évacuer une place bien décidée à festoyer jusqu'au bout de la nuit.
Bientôt quelques instantanés...
18:53 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : bolivie, evo morales, élection présidentielle, la paz, lima



Commentaires
Ça me fait envie d'y aller!
Je l'ai noté!
Bonne continuation!
Écrit par : nike shox | 29.03.2010
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