11.09.2009
Carte blanche à Marie
Petite intrusion dans le blog de Nono, mon compagnon de voyage m'a donnée "carte blanche" pour la région des lacs. En même temps, comme il vient de me le souligner, "ça va être facile, y'a pas grand chose à raconter !"
Certes, il faut bien avouer que notre malchance, devenue légendaire depuis le plantage de notre voiture a Arica, a refait surface dans cette région. Qui semble magnifique à travers les vitres embuées du bus et de la fenêtre de notre ravissant petit chalet.
Après neuf heures de bus au départ de Santiago, nous arrivons au petit matin à Pucon, station très branchée l'été et paisible l'hiver. German nous propose une chambre dans son hôtel. Un grand chalet avec cuisine et grand salon commun où de nombreux jeunes routards de toutes les nationalités se posent pour quelques jours pour profiter des diverses excursions sportives proposées dans les environs. L'ambiance est vraiment conviviale même si tout le monde accoste Bruno en anglais. Ce qui a le don de l'énerver, il en perdrait presque son espagnol !
Bref, un groupe de Françaises nous recommande l'ascension du volcan Villarica. Cinq heures de montée dont une partie sur le glacier. Les agences louent tout le matériel nécessaire. On me rassure, c'est accessible dès que l'on a l'habitude de faire un peu de sport. Je me motive, je dis à Bruno que je me sens vraiment de le faire. Je m'imagine déjà poser fièrement au sommet pour le blog. Un rêve rapidement brisé.
Trois heures plus tard, après deux grands cafés solubles et le tour des agences, la pluie s'abbat sur Pucon et sur nos petits coeurs... Elle ne nous quittera plus du séjour, qui s'est résumé à deux jours ! Reclus dans notre chambre, nous passons l'après-midi sous nos couettes devant l'US Open (beaux matches ceci dit !) On se serait cru un dimanche pluvieux à Lille ! Mais pas question de se laisser envahir par la dépression ambiante, le meilleur est à venir. L'expérience Pucon va prendre tout son sens...
Pour ne pas sombrer donc dans la dépression, à défaut d'avoir déjà sombré dans le pisco, nous avons prévu une petite escapade nocturne dans des thermes naturels. Je vous rappelle le contexte, nous sommes donc en train de glander dans la chambre, une pluie battante s'écrase sur nos fenêtres, il est bientôt vingt heures et notre bus doit venir nous chercher. Grelotant sous mes quinze couvertures, j'espère secrêtement que l'expédition va être annulée. Notre Nono ne se dégonfle pas et ose même une évasion pédestre pour le supermercado. Pour les thermes, on nous a conseillés d'emmener une bouteille de vin. "C'est chaud à l'extérieur et c'est chaud à l'intérieur !", lance German. Nono va chercher le vin et moi, j'enfile mon maillot de bain !!!
Le bus arrive.... Nous ne sommes que deux à participer. Tu m'étonnes, faut être cinglés ! Trois quarts d'heure de route plus tard et une discussion foot sur le match du lendemain entre le Chili et le Venezuela, nous y voilà. Evidemment, on ne voit rien. C'est tellement plus drôle ainsi. Il pleut toujours bien sûr et la température est de deux petits degrés. Nous descendons un escalier de rondins glissants, bonnet vissé sur la tête, maillot de bain sous nos couches de vêtements. Là, je dois à peu près répéter dix fois au guide "es completamente loco". Je ne sais pas si ça se dit mais il comprend et depuis que je me suis décomplexée avec la langue, je sors tout ce qui me vient. C'est pas brillant, je le concède mais au moins j'essaye.
Nous arrivons près d'une petite cabane en bois d'où des fumées s'échappent, nous entendons le bruit sourd de l'eau des cascades. Cinq minutes plus tard, nous sommes en tenue, prêts à se jeter dans le grand bain. Et là, c'est "completamente génial". L'eau est à quarante-cinq degrés, il fait super chaud, la pluie nous tombe sur le visage et on s'en fout !!! On débouche notre bouteille, malheureusement vraiment pas d'un grand cru, mais on s'en fout, c'est tellement "completamente énorme !"
Plus énorme, l'épisode de notre rencontre avec un Chilien, prof de sport, dans un autre therme. Les filles, je vous assure, son entrée était "completamente athlétique". Imaginez la vapeur des fumées, le ciel obscur, juste la lueur de quelques lampes installées dans ce paysage lunaire. L'hombre s'approche, le torse musclé en avant, la chevelure brune plaquée en arrière, et vient nous saluer... Ahhh !!! Bon là, j'ai en arrière-plan dans mon champ de vision, sa novia, qui laisse négligemment tomber son peignoir sur le sol humide et descend lentement l'échelle pour se pavaner dans l'eau bouillante. Elle murmure un "muy caliente". La garce !!!
J'arrête là, tout simplement parce que ça s'arrête là. Eh oui, toutes les bonnes choses ont une fin. Pour les photos, bah y'en a pas. Mais pourtant, je vous jure qu'on l'a fait et que ces lignes ne sortent pas tout droit de l'imagination de son auteure. Je peux même vous donner l'adresse (des thermes bien sûr, non pas du Chilien, les filles !!)
Marie-Caroline
16:44 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : pucon, chili, région des lacs, thermes, pluie, chiloé



Commentaires
Enfin du sexe sur ce blog !
Écrit par : Nico | 11.09.2009
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